Sound Design

Sound design : Le terme désigne initialement une méthode de production de la bande sonore d’un film en fonction des systèmes qui la diffuseront dans les salles de cinéma (Murch). La définition du Sound Design a ensuite été enrichie d’un ensemble de techniques d’enregistrement et de traitement du son et des bruitages dans le but de créer des sons nouveaux ou un univers de sons (Burtt). Il désigne enfin aujourd’hui le processus global de conceptualisation d’une bande son dans son ensemble ou d’un univers ou un environnement sonore dans sa globalité.
Le point commun des ces trois éléments de définition est l’attention particulière qui est portée à la spatialité des sons, à la fois dans l’espace réel où ils seront diffusés mais aussi l’espace virtuel, la diégésis, qu’ils sont censés illustrer ou mimer.

Le terme sound design apparaît dans le cinéma des années 70 principalement sous l’influence du travail de Walter Murch sur les films THX 1138 (1971) ou Apocalypse Now (1979) ou celui de Ben Burtt sur Star Wars IV (1977).
Le climat de crise que connait à l’époque Hollywood, l’émergence de nouveaux moyens techniques (Nagra, Dolby) et de jeunes réalisateurs prêts à expérimenter a profondément modifié l’approche et la production des bandes-son de films. Ces réalisateurs (Coppola, Lucas, Kubrick, Scorcese…) portent un intérêt particulier aux sons qui accompagnent l’image. Lucas dira « Sound is half the experience » (le son est la moitié de l’expérience).
Ils s’intéressent à différentes dimensions du son : la dimension conceptuelle (Kubrik finira par imposer la musique classique de Strauss, Wagner,…), la dimension technique (Lucas encouragera la mise à niveau des cinémas pour profiter du son THX – Apocalyspe Now est le premier film mixé en multichannel 5.1) et la dimension expérimentale/innovatrice à travers une volonté ferme d’utiliser des nouveaux sons jamais entendus et surtout plus riches (nouveautés techniques) que les bruitages proposés par Hollywood.
Ils se sont donc entourés d’hommes dont la mission transgressait avec les usages et la hiérarchie traditionnelle de la production sonore d’Hollywood. Traditionnellement, et par force de conviction des syndicats du cinéma, la production sonore d’un film reposait sur les épaules des 3 hommes (ou équipes) : le preneur de son dont la mission est d’enregistrer sur le tournage les sons nécessaires à la production, le monteur qui se charge de découper, caler et éventuellement ajouter les sons à l’image et le mixeur qui s’occupe de « mélanger » les différentes sources sonores en un tout cohérent. Le rôle confié à Murch ou Burtt embrassait largement ces 3 fonctions.
C’est donc naturellement que le terme Sound Designer est venu qualifier cette nouvelle approche de la production sonore des films. Tous ces films ont ainsi marqué par leur bande-son, leurs bruitages, leur musique qui portent, parfois dépassent, la magie de l’image.

Aujourd’hui avec le développement du multimédia, le terme sound design s’applique dans de nombreux domaines extérieurs au cinéma, partout où il est nécessaire de « bidouiller » sons et bruitages, partout où il est nécessaire de penser le son, l’image et l’émotion comme un tout harmonieux.

Ben Burtt - bruitages star wars

Ben Burtt enregistrant le bruit d’un marteau sur les câbles d’un émeteur radio, un bruitage qui deviendra le célèbre son des pistolets laser de Star Wars.

Sources :
Whittington, William : Sound Design and Science Fiction (2007)
Interviews de Ben Burtt

L’art des bruits

 L’art des Bruits de Luigi Russolo

L’art des bruits

Ce livre un petit manifeste futuriste de 1913 (!!) destiné à révolutionner le son et la musique.
Pour la petite histoire, Luigi Russolo, l’auteur, est né à Venise en 1885. Membre du mouvement futuriste, il consacra une partie de sa vie à la peinture, avant d’entreprendre de révolutionner la musique. Il invente alors de nouveaux instruments qu’il nomme des intonorumori. En avril 1914, il donne son premier concert, accompagné de 18 bruiteurs, ce qui a pour résultat de déclencher une émeute. Il se produit ensuite à Londres et à Paris, où Stravinski, Ravel et Honegger viennent l’écouter. Il poursuit ses recherches et crée successivement le rumarmonio, sorte d’harmonium que Varèse présente en 1929, ou encore le piano enharmonique ou le « Russolo-phone ». Il meurt en 1947.
Peu connu de son vivant, Russolo est aujourd’hui considéré comme le précurseur de la musique électronique. Des musiciens comme John Cage, Pierre Schaefer ou Pierre Henry lui ont notamment rendu hommage.

40 pages – Editeur : Allia (2003) – Langue : Français
ISBN-10: 2844851142 – ISBN-13: 978-2844851147

Zoom H4

Le Zoom H4, nouvel enregistreur digital de Zoom, tient dans la paume de la main, figurant ainsi l’outil idéal pour enregistrer live concerts, interviews, meetings, séminaires, podcasts, etc…
Le H4 est doté de 2 microphones à condensateurs, de qualité studio, montés en configuration X/Y pour une reprise stéréo optimale.
Enregistrant en format Secure Digital (SD), une carte de 128MB SD est comprise dans le kit. Avec une carte mémoire de 2GB SD, le H4 permet plus de 380mn d’enregistrement en 16-bit (qualité CD), et 34 heures en mode MP3 stéreo. Et pour faciliter l’interfaçage avec un PC ou un Mac, le H4 est livré avec une prise USB.

Zoom H4 enregistreur numérique

Caractéristiques :
– Format audio digital 24bit/96 kHz, ou MP3 à 320kbps
– 2 microphones à condensateur
– 2 entrées combinées jack/XLR avec alimentation fantôme
– Entrée jack 1/4 » haute impédance pour microphone, guitare, basse ou clavier
– Effets studio incorporés (compresseur, limiteur et mic modeling)
– Simulations d’amplis guitare identiques au G2
– Prise casque mini-Jack 3,5mm (utilisable aussi comme monitor)
– Carte Secure Digital (SD) 512 MO incluse
– Compatible avec les cartes SD de 16MO à 2GO) et les SDHC de 4GB à 16GB.
– Fonction d’interface audio USBL’USB (Universal Serial Bus)
– Ecran LCD rétro-éclairé 128×64 pixel
– 4 pistes d’enregistrement simultanées (2 stéréo + 2 jack combinés) en qualité CD 16bit
– Prix : environ 250€

enregistreur numérique - zoom H4 enregistreur numérique - zoom H4

Notre avis : il a tout d’un grand sauf le son. Après plusieurs tests sur le terrain, pour l’enregistrement d’ambiances et de bruitages divers, nous sommes très déçus de la qualité des préamps qui font beaucoup de bruit et génèrent beaucoup de souffle surtout avec les micros internes. Les micros internes sont très sensibles au vent et aux bruits de manipulation, donc presque inutilisables sauf en statique (et encore !!). L’utilisation de la bonnette zoom est quasiment inefficace. Un enregistreur numérique à l’utilisation limitée selon nous, sa principale qualité étant sa taille ce qui en fait un petit enregistreur discret à utiliser pour des prises de son incognito uniquement.

Fostex FR2-LE

Le Fostex FR-2 LE, le petit frère du FR-2, a été spécifiquement conçu pour l’enregistrement nomade, la prise de son d’effets sonores haut de gamme, documentaires pour la radio et la télévision.
Conçu pour satisfaire les professionnels de la prise de son en extérieur, le FR-2LE enregistre en stéréo ou mono sur une carte Compact Flash II des fichiers PC standards BWF en format FAT 32. Il est équipé de 2 entrées symétriques sur connecteurs combo XLR/Jack avec alimentation phantom 48 V. Grâce à sa fonction « 1 prise / 1 fichier », sa mémoire tampon de pré-enregistrement (2sec) et son système « Auto file Closing » (fermeture automatique des fichiers), il est impossible de perdre accidentellement vos enregistrements.

Fostex FR2 LE

Caractéristiques: Enregistrement non compressé jusqu’en 24 bits / 96 kHz, format de fichier BWF et MP3, 2 entrées XLR et Jack 6,35 mm avec alimentation fantôme 48 V, microphone stéréo intégré, mémoire tampon de pré-enregistrement, système « Auto File Closing » toutes les minutes pour protéger les données en cas de coupure d’alimentation, port USB2.0 pour tranfert rapide des fichiers audio vers un ordinateur. Alimentation par piles, accumulateurs ou sur secteur (AD-12-1000 fourni). Dimensions : 203 x 57 x 132 mm. Poids : 0,8 kg. Prix : environ 500€

fostex fr2 Fostex FR2LE

Notre avis : Testé pour des prises de son stéréo et mono de bruitages, ambiances et de musique, le Fostex FR2-LE apparaît comme un très bon enregistreur portatif. Nous mettrons surtout en avant la qualité des pré-amps qui sont plus que corrects pour un enregistreur numérique de ce prix. Assez grande précision, du détail, de la brillance avec peu de bruit. On aurait quand même aimé juste un tout petit peu plus de gaz pour les prises d’ambiances de nature ! Il est simple d’utilisation, fiable, la fonction pré-roll est très utile, parfaitement adapté à la prise son sur le terrain. Les préamps du monitoring soufflent un peu, mais pas de trace au niveau de l’enregistrement. Les boutons trim manquent d’une petite marque pour un repérage rapide mais on finit vite par prendre ces marques. Avec un jeu de batteries Tamyia (7,2V – 4000 mha) l’autonomie grimpe facilement jusqu’à 8 heures en utilisant l’alimentation phantom pour 2 micros. En résumé, un enregistreur mobile de qualité, idéal pour la prise son sur le terrain, le digne petit frère du FR2…

Edit (04/04/2012) : Après trois années de bons et loyaux services, presque quotidiens, mon FR2LE a commencé à montrer quelques signes de fatigue. Un des canaux est devenu ingérable, 10 ou 15dB de plus que l’autre canal pour un réglage identique et même le trim à zéro, il continue à envoyer du gaz. Fatigue d’un préamp ? Problème d’électronique ?

J’ai remplacé le Fostex par un Nagra LB. Je m’aperçois en comparant les enregistrements que le Fostex FR2LE est peut être un peu flatteur dans les bas, le son est un peu terne comme voilé. Il apparaît aussi poussif par rapport au Nagra LB.

Lire aussi : Fostex FR2-LE dans l’espace

Bruitages d’horreur : promo Sound Ideas

Encore quelques jours de promotion sur la collection de bruitages The Dark Side Of Sound de Sound Ideas. 50 % de réduction pour des bruitages 100% frissons, horreur, tension dramatique et suspense. Un ensemble de sons et de bruitages sombres et grinçants, des monstres, fantômes, zombies, vampires, des ambiances de cimetière, de maison hantée … Tous les bruitages qu’il faut pour faire peur !

Bruitages d’horreur - The dark side of sound

The Dark Side of Sound : 2 CD / 401 sons et bruitages / $250 ($125  jusqu’au 1er mars)

Bruitages Sound Ideas

De la nécessité des bruitages

L’acte de bruiter renvoie au fait d’enregistrer « live » des effets sonores, ou bruitages, en synchronisation avec des images projetées. Cette pratique a été largement adoptée pour devenir presque systématique à partir des années de gloire d’Hollywood. Bien plus qu’un choix, les bruitages réalisés en post-synchro étaient à cette époque une véritable nécessité en raison de différents facteurs qui restent pour certains valables encore aujourd’hui.

La première de ces raisons tient au manque de sensibilité des microphones de l’époque. Ces micros étaient tout juste performants pour capturer les dialogues entre acteurs mais il leur était difficile de capter les bruits des scènes. L’ajout de bruitages en post-production permettait alors de redonner vie et texture aux objets de la scène.

La deuxième raison est également liée aux microphones peu performants de l’époque. En raison de leur manque de sensibilité, une partie des dialogues était généralement doublée en post-production. Si les bruitages avaient été enregistrés avec les dialogues, supprimer une partie des dialogues pour les remplacer en post-production conduirait à également supprimer les bruitages. Il était donc nécessaire de disposer des dialogues et des effets sonores de façon séparée.

La troisième raison, proche de la deuxième, tient au fait que les sociétés de production de l’époque avaient déjà en tête de distribuer leurs films à travers le monde et qu’en conséquence ils devraient remplacer les dialogues originaux par d’autres. Le fait de disposer de l’enregistrement des bruitages indépendamment des dialogues représentaient un gain de temps et d’argent non négligeable.

Ce dernier point reste d’actualité puisqu’aujourd’hui les sociétés de production propose à l’export une V.I., une version internationale, qui ne contient qu’un mixage des ambiances, musiques, effets sonores et bruitages, sans les voix. C’est en se référent à la Version Originale et à partir de la V.I. que l’ingénieur du son doit créer la Version Française en y intégrant les dialogues en français. Il n’a pas ainsi à remixer l’ensemble des ambiances, musiques, bruitages et effets sonores, préservant production initiale.

Foley stage - bruitages

Bruits et sons dans notre histoire

Bruits et sons dans notre histoire : essais sur la reconstitution du paysage sonore de Jean-Pierre Gutton

bruits et sons dans notre histoire

Présentation du livre par l’éditeur : Nos ancêtres du Moyen Age ou des Temps modernes vivaient dans un environnement souvent bruyant et dans lequel les formes de communication orale avaient, pour le plus grand nombre, une autre importance que celles de l’écrit. Les cloches rythmaient bien des activités ; les pouvoirs faisaient connaître leurs décisions par des  » crieurs  » ; charivaris, rumeurs, invectives publiques étaient les vecteurs d’une justice populaire redoutée. L’effort d’acculturation que la monarchie et les Églises conduisent pour  » policer  » sujets et fidèles tend à maîtriser bruits et sons. Le paysage sonore résulte donc de considérations autant spirituelles et sociales que matérielles. Les années 1750 commencent à découvrir intimité et acoustique, mais c’est évidemment le siècle suivant qui apportera les bouleversements les plus importants : révolution industrielle, multiplication des moyens d’information, premiers instruments de conservation et de reproduction des sons. Notre temps est confronté au fléau du bruit et aux questions, techniques et politiques, posées par sa nécessaire maîtrise. L’histoire des aspects sonores du passé, pour difficile qu’elle soit, est indispensable à la compréhension de la sensibilité de nos pères comme à celle de la nôtre.

184 pages – Editeur : Presses universitaires de France – PUF (2000) – Langue : Français
ISBN-10: 2130508642 – ISBN-13: 978-2130508649